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Le Vigan soutient les nomades

Rencontres Diverses 1


Dans cette partie, nous évoquerons des rencontres, manifestations et autres festivités en relation avec le monde des gens du voyages dans d'autres villes et régions que notre canton du Vigan, et auxquelles des membres de notre collectif auront participé.

Ces différents événements seront retranscris ci-dessous avec en haut, le dernier article tel un blog.


Cérémonie en mémoire des Tsiganes internés dans le camp de Saliers (1942-1944)

Nous étions 3 membres du collectif (Liliane, Philippe et Véronique), a assister le 23/05/2015, à la cérémonie en mémoire des Tsiganes internés dans le camp de Saliers entre 1942 à 1944.

Les noms des Tsiganes internés morts pendant cette période ont été énumérés au cours de la cérémonie.

Un panneau pédagogique a été inauguré sur une stelle :

Panneau pédagogique

(Clickez sur les images pour les voir en large )

                                    

                                    

                  

                          

                                  

Galerie photo réalisée lors de la cérémonie de saliers par Andre Luzy

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Par ailleurs voici le lien du blog de l'association Fils et filles des internés du camp de Saliers Il y est présenté les résultats d'un travail de recherche sur le plan historique ainsi que d'archivage des familles qui y ont été internées.

Camp de Saliers. 1942-1944. Une mémoire en héritage.

Si vous même, vous recherchez quelqu'un qui aurait pu être interné dans ce camp, tapez son nom dans le moteur de recherche ci-dessous, il/elle y est peut-être référencée. Si vous ne le/la trouvez pas aujourd'hui, repassez éventuellement plus tard, le blog est remis à jour régulièrement et de nouvelles personnes recensées y apparaissent.




La Route du Rom
(Saint-Etienne : 18 novembre - 06 décembre 2014)

Vendredi 21 novembre, Liliane Gabel, membre de notre collectif, assistait à Saint-Etienne, avec d’autres amis, associations etc ..., à un colloque organisé par Esmeralda Romanez, militante infatigable de la cause des gens du voyage, sur le thème « Roms : Comment survivre en France à travers des stéréotypes ancestraux »

Alors que la rencontre touchait à sa fin, une soixantaine de Roms sont entrés dans la salle. Le matin même, ils avaient été expulsés, une fois de plus, du dernier squat où ils avaient trouvé refuge.

Liliane et ses amis, qui devaient quitter la ville Stéphanoise le 25, sont finalement restés sur place 18 jours pour entourer et aider ses familles dans leur lutte, avec également des militants du cru.

Ci-dessous, un compte rendu synthétique des événements qu'elle nous a livré. Pour savoir plus précisément ce qui s'est passé durant ce séjour improvisé, je vous invite à aller sur son site "Hanouna" ; elle nous y relate au quotidien, et de manière très détaillée, l'organisation de la vie dans un nouveau squat, et surtout le déroulement de la lutte, qui en a découlé et qui est loin d’être terminée, Esméralda Romanez doit notamment se rendre à nouveau à Saint-Etienne ce vendredi 19 décembre, pour remettre en main propre à Mme la Préfette de la Région Loire, une pétition mise en ligne à cet effet durant cette période.

2 enfants Roms avec une pancarte  : Dosta

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(Petite précision : Clickez sur images qui accompagnent le texte de Liliane, ci-dessous, pour les voir en large )

Arles, 18 novembre

Nous voici dans la famille du petit Yonut, aussi en squat... où Jean-Claude nous a emmenées, Esmé, Alicia (la fille de Florin, l’accordéoniste Rom relogé avec sa famille à Arles grâce à mon amie Esméralda) et moi.

                                       

19 novembre

Toujours avec Alicia, direction le Chambon Feugerolles, chez Jean-Claude. Nous ne savons pas, alors, qu’une belle et difficile aventure nous attend à St Etienne !

                                       

20 novembre

Arrivée de Jeanne, intervenante, comme Esmé, JC, Roselita, Emmaüs etc..., durant le colloque du lendemain, sujet : la situation des Roms. Passage à La Bohème, lieu de réinsertion pour les Roms, et tenu par des Roms, un endroit chaleureux et accueillant.

                                                          

21 novembre (Jour "J")

« Liberté – Egalité – Solidarité – Justice » sur le fronton du bâtiment de La Bourse de St Etienne ? Si seulement …

Préparatifs dans la salle : photos d’enfants Roms, drapeau de la paix, drapeau Rom, PC qui nous permettra de visionner une vidéo, etc...

                                       

Florin ouvre le colloque avec Djelem, djelem, l'hymme internationale tsigane, sur lequel danse sa fille, Alicia.

                                                          

Les intervenants rappellent la difficulté du travail de terrain, rappellent les lois non appliquées (pas les bonnes, en tous cas !), témoignent du travail déjà accompli, et de l’immensité de la tâche qu'il reste à réaliser.

Florin reprend l’accordéon, tandis que se prépare l’apéro… qui va être offert à la soixantaine de personnes qui entre dans la salle, des Roms expulsés le matin même de leur dernier squat.

                                       

Florin continue à jouer, entraînant adultes et enfants dans la danse, tandis qu’Alain, Maria, Jean-Claude, partent avec les hommes qui ont repéré un squat.

                                       

Longue attente dans le froid du hall de la Bourse du Travail, mamans à bout, et petits encore plus harassés.

S’il a été obligé de nous faire sortir du local, Pierre Fontenoy, qui nous accueillait dans les lieux, restera à nos côtés jusqu’à ce qu’on ait trouvé une solution.

Nous voilà sur le trottoir, aux cotés des femmes et des enfants ; certains s’endorment à même le sol. Des personnes donnent des couvertures, d’autres du pain.

Les camions reviennent chercher femmes, enfants et bagages pour les emmener vers un nouveau squat à La Talaudière, une commune environnante.

                                                          

Longue nuit, il fait froid sur les lieux où nous veillons tandis que tous dorment ...

22 novembre

Vers 6h30, des véhicules nous intriguent ... RG ? Ouf ! Ce ne sont que des amis qui viennent nous rejoindre, attendre à nos côtés et le cas échéant nous épauler sur une éventuelle « visite » musclée.

À 16h, distribution de légumes, fruits, lait, eau, et couches au nouveau squat.

                                       

23 novembre

Courses à Intermarché : Eau, couches, etc ... pour le squat où nous filons. Confection de banderoles sur place.

                                       

24 novembre

Nous, nous levons à 4h30, il faut arriver au squat avant les forces de l’ordre, et cadrer l’action : tout doit bien se passer. Houria et Maurice nous y rejoignent ; en tout, nous serons une dizaine de militants.

                                       

FR3 arrive ...

                                       

This text will be replaced

Vers 15h, direction courses, à nouveau : eau, couches, sucre et sel fin, de l’huile, Knakis, pâtes ...

                                                

25 novembre

Matin : fruits et légumes au squat.

                                       

La police est sur place, Nationale et Municipale, et même la gendarmerie. Un jeune policier municipal, choqué par la situation (32enfants), perplexe, demande :

- « Mais, que veulent-ils ? »…

- « De l’eau, des couches, dans un premier temps ; sinon, que le lieu soit sécurisé, qu’il y ait eau et électricité », lui répond-on.

À 19h, RV sur le squat, réunion de membres d’asso diverses ; il s’agit de choisir la meilleure direction et les décisions les plus judicieuses. Mais, rencontre « bavaseuse » et stérile.

Dans les bras d’une jeune maman, un bébé tousse de manière anormale depuis un bon moment, et pleure d’une manière si faible, comme si il se retenait… La maman confirme les doutes d’Esmé, l’enfant est asthmatique. Jean-Claude (notre chauffeur), les parents et moi amenons le bébé aux urgences. Heureusement que ce petit a été pris en charge ce soir-là. Il serait mort dans la nuit.

                                                

26 novembre

On commence par une distribution de patates, puis nous partons à Emmaüs, où Alain et Maria nous invitent à partager leur repas.

                                       

Convocation au commissariat d’Alain, Maria, JC et une jeune stagiaire, à propos de l’ouverture du squat, suite à une plainte déposée par le maire de La Talaudière.

Chez Jean-Claude, préparation de cartons avec les textes de loi et leurs références.

                

Au squat, Houria et Maurice amènent une soupe, réconfort pour enfants et parents, inquiets à l’idée que les forces de l’ordre surviennent. À ce moment-là, nous croyons que c’est imminent.

                                                

En fin de journée, nous découvrons l’article paru dans le journal du coin concernant le squat.


27 novembre

Nous nous levons à 4h et arrivons au squat 5h15. Tout est silencieux...

Houria et Maurice sont, comme d’habitude, sont les premiers à nous rejoindre. D’autres suivent bien plus tard.

Vers 7h30, Jean-Claude doit se rendre au commissariat où il a été convoqué, avec les autres ; Maurice fera le taxi.

Dans le courant de l’aprèm’, nous passons à Emmaüs prendre balais, poussette et sacs poubelles proposés, ainsi qu’un carton de victuailles.


28 novembre

Nous trouvons journalistes (TL7) et forces de police sur place.

                                

Jean-Claude a amené 15 de ses poules (sur 25) aux « résidents » du squat.

                                       

Nous confectionnons encore pas mal de cartons et de banderoles.

Une voisine vient ramener le linge qu’elle avait emmené pour le laver, et nous faisons la connaissance de deux autres belles personnes, Nicolas et sa maman.

                                                          

Nous prenons connaissance de la requête du maire en vue de l’expulsion.

                                                

Esméralda prépare une pétition, mise en ligne rapidement pour laquelle nous récoltons 229 signatures en quelques heures.

29 novembre

Des fruits et des légumes au squat, des baguettes et du chocolat ... Il fait froid !

                                       

Jean-Claude va chercher des palettes, qui ne feront pas… long feu !


1er Décembre

La PAF (Police des Frontières) est passée pour constater que les lieux étaient toujours squatés. Un jeune policier nous confirme que l’expulsion pourrait avoir lieu dans la journée.

Jean-Claude, Esmé, Houria, et moi, partons à la recherche d’eau : un gros tonneau, deux seaux et une bouteille.

                                                          

En fin d’après-midi, nous allons poser les 300 signatures récoltées à le Préfecture, à remettre la Préfète. La fatigue commence à se faire vraiment sentir de façon bien pointue.

                                       

2 Décembre

Réveil à 4h. La rumeur a couru à nouveau que l’expulsion risquait de se passer aujourd’hui. Nous retrouvons au squat une partie de nos amis déjà réveillés, un brin inquiets. Nous régalons les p’tits loups de pains au chocolat et de croissants.

                                                          

Marie arrive, une autre belle âme, électron libre et déterminée, comme Houria.


3 Décembre

Derrière le squat, une maman insiste pour que nous mangions un bout de viande en train de cuire, et quelques pommes de terre avec un morceau de pain. Comment refuser, même s’il est à peine 10h ? Les enfants nous pressent pour qu’on les suive à l’intérieur, petits jeux avec eux, cartes, petits chants mimés, etc...

Vers 16h30, nous nous retrouvons chez les amis d’Emmaüs.

Dans le journal du coin, l'article concernant le squat de la rue de la Chazotte, est particulièrement négatif.

En soirée, on fait le point avec Marie.

4 Décembre

Prêts vers 8h30, toujours pas de news, direction le squat un peu avant 10h.

Deux camionnettes et une voiture de police, accompagnées de deux motards, s’arrêtent. Une dizaine de flics débarquent et l'un d'entre eux tient un Flash Ball bien en vue. Savent-ils que les Roms forment un peuple pacifique ?

Les gosses, les femmes se mettent à pleurer.

Un des flics nous accuse de soutenir ces « gens-là », de protéger des voleurs. Un homme est embarqué. Il sera relâché vers 19h. Nous lui trouvons rapidement un avocat.

5 Décembre

Au petit matin, il fait froid, pour changer, la neige n’est pas loin.

Nous nous rendons à St Etienne dans l’après-midi. Avec Marie-Pierre, du Collectif Solidarité Roms, nous faisons le point sur le travail effectué, et la tâche qu’il reste à accomplir.

6 Décembre

Il a neigé… Nous prenons la route du retour un peu angoissés en pensant à ces familles que nous avons entourées presque trois semaines.

                

Durant le trajet de retour, nous échangeons à propos de ces derniers jours. Soucis et joies rencontrées, belles personnes croisées, engagées et déterminées, comme Alain et Maria, Houria, Marie, Olga…

Bien évidemment, nous ne laissons rien tomber, nous reviendrons, et, tout d’abord, Esméralda et Jean-Claude, le 19 décembre.

                                       

Lorsque Jean-Claude et Esmé me déposent à Nîmes, je regarde mes amis s’éloigner, le cœur serré.

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Si quelqu’un s’inquiète de notre absence,
Dites-lui qu’on a été jeté
Du ciel et de la lumière,
Nous les seigneurs de ce vaste univers

Ils ont laissé leurs chaussures au bas des murs
T’oves baxtalo les autres !
Les bohémiens, les bohémiens,
Nous les seigneurs de l’univers

Si quelqu’un s’inquiète de notre absence,
Dites-lui qu’on a été jeté
Du ciel et de la lumière,
Nous les seigneurs du vaste univers

Hier, demain, n’existe pas
deja la deja la
Ni les anges, ni Dieu, n’existent plus

 
Si quelqu’un s’inquiète de notre absence,
Dites-lui qu’on a été jeté
Du ciel et de la lumière,
Nous les seigneurs de ce vaste univers

A force de leur limer la peau
Ils sont partis pieds nus là-bas,
Là où les anges, les dieux n’existent plus

Si quelqu’un s’inquiète de notre absence,
Dites-lui qu’on a été jeté
Du ciel et de la lumière,
Nous les seigneurs de ce vaste univers




Catherine Ringer "Les Bohémiens"
(B.O. Liberté de Tony Gatlif)

Retrouvez l'intégralité du récit de Liliane sur ces 18 jours auprès des Roms de La Talaudière sur son site "Hanouna" et toutes les photos ici . Nous le répétons, cette histoire n'est pas terminée ... Les Roms peuvent actuellement rester la nuit dans un gymnase, mais se retrouvent à la rue dans la journée. Esméralda Romanez doit rencontrer Mme la Préfette le 19 décembre et lui remettre notamment une pétition mise en ligne.