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Le Vigan soutient les nomades

Historique

 
Affiche Roms

Solidarité avec les gens du voyage du Vigan

Petit Historique ...

Les foyers de la famille De Colombi, d'origine Sinti, « gens du voyage » partiellement sédentarisés (certains voyagent encore) sont établis dans le secteur du Vigan depuis la fin des années 50.

* Fin des années 80, la famille est installée, par le Maire de l’époque, sur le terrain de Tessan au Vigan. Ce terrain est équipé d’un seul bloc sanitaire, pour une cinquantaine de personnes et ne comporte pas de douches.

* Dans une lettre datée du 7 juin 1993, Mme Gras, Sous-Préfète, préconise de « trouver un nouveau lieu d’implantation pour les gens du voyage ». A cette même période, le « Schéma Départemental du Gard relatif à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage », préconise à son tour la création d’une aire de 10 à 15 places sur la commune du Vigan.

 
    
 

* En 1999, la municipalité les installe sur le site de Miassole. Il s’agit d’une ancienne voie ferrée avec comme seul accès un tunnel non entretenu et à l’autre extrémité, un portail fermé à clef. Celle-ci surplombe la route Ganges-Le Vigan et est entourée d’un côté par un mur d’environ vingt mètres de haut accumulant la chaleur et de l'autre côté d’un grillage de deux mètres de haut, à pic au dessus de l’axe Ganges-Le Vigan. Dès le mois de mai, la chaleur est intenable. De plus, la conduite de gaz qui alimente Le Vigan traverse le terrain, enterrée à 50 centimètres sous le sol !!

Après trois mois dans ces conditions, devant les problèmes de sécurité et d’accessibilité, la famille De Colombi retourne sur le terrain de Tessan.

* En 2002, l’échec de Miassole est pris en compte par le schéma départemental.

* en 2004, dans le nouveau schéma départemental, il est recommandé à la commune de « trouver une solution sous forme de terrain familial pour les familles sédentarisées sur son territoire ». Mais les politiques ne suivront pas, malgré une lettre du Maire d’alors, s’engageant à trouver un terrain familial.

En septembre 2010, le Maire du Vigan prend un arrêté d’évacuation du terrain de Tessan pour risque d’inondation et en invoquant la loi de 2007 sur la prévention de la délinquance et l’occupation illicite du terrain.

Après le dépôt d’un recours gracieux auprès du Maire, celui-ci prend un 2ème arrêté d’évacuation fixant la date d’application au 31/01/2011.

Un collectif de soutien se créait, 1300 signatures sont rapidement collectées et remises au conseil municipal.

 
 
 

Michel et Anne de Colombi sur Effervescence (Radio Escapade), le 20/12/2010

 

Le collectif organise en janvier 2011 une semaine culturelle consacrée au gens du voyage afin que les viganais puissent découvrir cette culture et échanger avec les familles du terrain de Tessan.

* Le 21 janvier 2011, le collectif soumet une motion au conseil municipal, demandant qu’un terrain et une solution conforme au mode de vie des familles soient recherchés. La motion est adoptée à l’unanimité. Dans le courant de ce même mois, la Sous-préfète annonce sa volonté de réaliser « un projet pilote avec une haute qualité de traitement social », elle déclare également qu’il n’y aura pas d’évacuation du terrain.

* Le 30 mars 2011 Une fois les élections cantonales passées, la Sous-préfète organise une réunion avec des représentants de la Mairie du Vigan, les services sociaux du département, la DDTM (ex DDE), des représentants de la famille De Colombi et du collectif.

Lors de cette réunion, elle regrette que tous les foyers ne soient pas représentés. Il faut préciser qu’au fil des années, plusieurs foyers ont quitté le camp pour soustraire leurs enfants aux conditions sanitaires indignes. Deux autres foyers, après l’arrêté d’évacuation ont trouvé un logement en HLM. Les services sociaux du département, chargés de faire l’inventaire des besoins, ont intégré dans leur rapport les demandes de ces foyers, qui n’avaient abandonné leur mode de vie en caravane que du fait des mauvaises conditions sanitaires sur le terrain de Tessan.

* Le 27 mai 2011, nouvelle réunion en Sous-Préfecture, la famille De Colombi est venue en nombre, les différents foyers sont représentés, même ceux habitants en HLM. Ce fut pour apprendre qu’ils se trouvaient exclus du projet de « terrain familial », faute de place. Le grand projet pilote, à haute qualité de traitement social, a ce jour-là mis de côté 50% des foyers.

Entre temps, le Collectif organisait le 18 juin 2011 une fête au Jardin des Orantes au Vigan sur le thème des gens du voyage.

* 30 juin 2011, un terrain et un projet d’aménagement sont présentés. De six places, nous passons à cinq, sur 1500 mètres carrés utilisables, soit une bande d’environ 20m par 120 (le reste est en zone inondable). Et cette fois il apparaît clairement que la demande d’un habitat articulé autour de la (ou les) caravanes, soit : un sanitaire avec douche, une pièce à vivre avec coin cuisine, n’est pas respectée. Nous nous trouvons face à cinq parcelles avec habitat traditionnel, chambres en étage, et caravanes remisées en sous abris.

Pourtant au début de toutes ces démarches, le représentant de la DDTM avait présenté aux familles des fiches tirées du « guide de l’habitat adapté pour les gens du voyage », édité par le ministère, recensant différentes expériences de terrains familiaux réalisés en France.

Les familles avaient choisi parmi ces fiches le modèle présentant une réalisation gérée par l’OPAC du Rhône, qui permettait aussi de bénéficier des APL.

Pourquoi l’administration et les politiques veulent ils leur imposer un type d’habitat non conforme à leur culture et forcement plus coûteux à réaliser ?

Pourquoi ne veulent-ils pas respecter leur droit à la différence ?

Lors des réunions en Sous-Préfecture, il est ressorti que, même dans l’hypothèse où un terrain serait trouvé, un minimum de deux ans serait nécessaire à la réalisation d’un terrain familial. Nous avons donc demandé qu’en attendant, les conditions de vie sur le terrain de Tessan soient améliorées par une distribution d’eau aux normes et par l’installation de sanitaires provisoires (type chantier).

En guise de réponse, Michel et Anne De Colombi reçoivent une facture d’eau de 2150 € pour le premier semestre 2011, qui correspondrait à la consommation d’eau de toutes les familles de Tessan, sans relevé préalable, sans contrat dûment établi ! Nous rappelons que les six foyers résidant sur le terrain de Tessan, étaient alimentés en eau par un tuyau d’arrosage branché à l’alimentation d’une borne à incendie ! L’eau ne leur arrivait pas potable faute d’installation aux normes. Les familles achetaient des bouteilles d’eau pour la cuisine et la boisson. Dès qu’il gelait, il n’y avait plus d’eau du tout.

* Fin novembre 2011, les familles, aidées du collectif, ont enterré (à leurs frais) un tuyau aux normes sanitaires et raccordé celui-ci à chaque emplacement de caravane.

 
 
 

Après les travaux pour alimenter le terrain en eau potable, les six foyers ont tous sollicité par courrier, sur demande de la Mairie, la pose de compteurs individuels placés à chaque terminal, tout en gardant le compteur général en haut du terrain.

* Décembre 2011 ; Plusieurs courriers de la part de la famille et du collectif n’ont reçu aucune réponse écrite. C’est seulement par téléphone que nous apprenons que le projet de terrain annoncé en Juin 2011, est abandonné et que l’administration est toujours à la recherche de solutions.

* Janvier 2012 : Malgré les promesses, non seulement la procédure de « commandement à payer » du premier semestre n’a pas été stoppée, mais en prime la famille reçoit une facture pour le second semestre. En conséquence la Mairie du Vigan et le Trésor Public sont assignés au Tribunal de grande Instance d’Alès. La famille et le Collectif adressent une lettre aux conseillers municipaux pour expliquer les raisons de cette action en justice. Le Conseil municipal décide alors de renoncer à mettre des compteurs d’eau, au prétexte de ne pas pérenniser la présence des familles sur ce terrain et confirme l’annulation des factures.

L'affaire des factures d’eau trouvera son épilogue en février 2012. La municipalité mise au pied du mur stoppe enfin officiellement la procédure.

Pour l’heure, la situation reste bloquée. La région du Vigan ne manquant pas d’espace, il est étonnant qu’une solution viable ne puisse être trouvée sur la commune ou sur les communes proches, d’autant plus aujourd’hui avec un Maire soutenu par Europe Ecologie les Verts. Rappelons que cette organisation a pris clairement position au niveau national et européen pour le respect de la culture et la défense des gens du voyage.

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