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Le Vigan soutient les nomades


Poèmes de Liliane

Le regard

Ton regard émouvant

De candeur attristée,

Comme gouffre béant

Sur un monde fermé,

A touché en plein coeur

Mon être qui frissonne.

Tu semblerais, pour l'heure,

Demander si personne

Te soutient, te défend,

Si quelqu'un te comprend.

Actifs discrets parfois,

Sommes déjà nombreux

Traçant autour de toi

Un cocon chaleureux.

Ne te laisserons plus,

Ni toi ni même tiens,

Te croire seule, perdue,

Et le monde demain

Va devoir conjuguer

Le verbe « partager ».

Liliane Gabel (Janvier 2011)

Dosta !

Comme un grand vent de sable

Venus du bout du monde,

Nomades innombrables

D'une contrée féconde,

Nous avons traversé,

Dans notre exil forcé,

Tant de terres,

Tant de mers,

Y cueillant différences

Qu'à présent nous envient

Ceux dont la tolérance

Voudraient qu'on nous oublie.

Pour nos cheveux foncés ?

Notre peau trop dorée ?

Tous mendiants

Fainéants !

On dit que les rois mages

(D'ailleurs considérés

Comme les plus grands sages)

Etaient notre portrait.

Mais les temps ont changé,

Et les mentalités.

Méprisés,

Opprimés...

Ni étable ni paille,

Personne pour accueillir,

Juste certaines canailles...!

L'espoir en l'avenir

Est donc raison de vivre

Pour notre peuple ivre

De la vraie

LIBERTE.

D'irrépressible ire

Ne suivront les penchants,

Préférons joie, sourire,

Musique, danses et chants,

Malgré les jours trop gris,

L'amertume des soucis.

Aux aigris

Le coeur « bis » !

Lorsqu'aux seuils des abris

Siffle la sombre haine

(Fiel de félonie)

Sur la vie bohémienne,

La jalousie méchante

De l'âme ignorante

Clos l'esprit

Des petits.

Au milieu des tourments

De siècles de tortures,

Malgré l'acharnement

De même hordes d'ordures

Qui poursuivent vieillards

Comme enfants, sans égard,

Femmes enceintes

(Tact ni crainte...),

La fierté nous évite

De tomber trop profond.

Car, loin d'être une fuite,

Nos départs parfois prompts

Sont d'abord volonté

(Vile inhumanité)

D'hommes-rois

Scélérats.

Quoiqu'en disent cul-bénis

Hypocrites, imposteurs,

Les enfants, notre vie,

Resterons les porteurs

D'espérances intactes,

Dédaignant les impacts

D'oppressions,

D'expulsions.

Quant à nos autres frères,

« Nomades sédentaires »

Qui, sur terre de France

Terminent leur « errance »,

Nous tendons notre coeur

Nos mains cherchant la leur,

Tous liés

Reliés.

Puisque lois et décrets

Devenus obsolètes

Sont encore appliqués

(Et toujours à la lettre !),

Crions« plus jamais ça ! »

Ensemble, tous « DOSTA ! »

Résistance,

Espérance...

Liliane Gabel (janvier 2011)

Droit de circulation, droit de résidence, Droits de l'Homme ?

Princes du bout du monde

Jadis hôtes des rois

Ou bien libres arondes

Que liberté força

(Sans les fers humiliants)

Au voyage incessant ;

Rempailleurs impayés

Ou dompteurs indomptés,

Victimes de la fronde

Depuis certaines lois…

Je dénonce à la ronde

Ces écrits scélérats

Et ceux trop partisans

Ou peu compatissants

Qui suivent (lâcheté

Ou moutons formatés ?!)

Certains surfant sur l’onde

D’une mode d’Etat,

Comme du plus immonde

Dans l’humain, le plus bas.

Contexte différent

Certes. Mais rappelant

Un si triste passé

De haine, de cruauté…

L’humain (volontiers sombre),

J’espère, s’éveillera

Pour s’isoler du nombre.

Alors, ce lourd combat

« Contre » les siens (qui sait ?)

En « lutte » mûera

Plutôt, pour les aider.

Naîtra l’Humanité !

Liliane Gabel (fin août 2010)

Á l’unisson « DOSTA » !!!

Quel que soit le pays,

Quelle que soit la contrée,

Ce sont les plus petits,

Les faibles, les opprimés,

Qui souffrent sous le joug

De bandits en col blanc

Aux mains gainées de sang.

Sans bouger les cailloux

Ils amassent la mousse,

Enrichissent leur vie

En se la coulant douce.

Aveuglés de mépris,

Ils ouvrent rarement

Leur cœur imperméable

Aux cris des misérables.

Bruit trop assourdissant

De gamins à la rue

Courant à demi nus,

Cependant qu’une grue

Brise les biens menus

Et précaires abris

De femmes au ventre rond,

De vieillards moribonds…

Gémissement ni cri.

Dans les yeux innocents

Des gosses débraillés,

Tant de rêves pourtant

Tant d’espoir entêté.

Burinés par les âges,

Regard de brume triste,

Les  sages vieux assistent

Au cirque du saccage.

Ce peuple toujours fier,

Malgré les oppressions

D’aujourd’hui et d’hier,

Á la reconstruction

Maintes fois reproduite

De ses abris venteux

S’attelle, courageux.

Espérant meilleure suite.

Par force sédentaire,

Ce peuple que l’on veut,

De manière arbitraire,

Enfermer comme tous ceux

Qui rêvent de liberté,

Refuse de correspondre

Á qui se laisse tondre,

Moutons bien trop proprets

Liliane Gabel (février 2011)