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Le Vigan soutient les nomades

Musique 2


Ceci est la seconde page de la rubrique Musique.


Taraf de Haïdouks

(Balkan Gypsy Folk Music : 44 Minutes)


Roby Lakatos Ensemble

(2007)

Le son est assez faible, donc on conseillera de le monter

Maria Callas : Carmen (Bizet)

Le thème du livret est inspiré d’une nouvelle de Prosper Mérimée, La musique de Georges Bizet est présente dans tous les esprits. Avec cette œuvre, si l’on considère son succès, on est au sommet des contradictions d’une population qui persécute un groupe d’hommes d’une part, et l’idéalise d’autre part.

Deux vidéos : l’amour est enfant de bohème et l’amour ne s’accommode pas du clairon qui sonne.

Callas : L'amour est enfant de Bohème

Extraits du livret
 
Carmen

La la la la la la
la la la la la la
la

Le son des clairons va s'affaiblissant. Nouvel effort de Don José pour s'arracher à cette contemplation de Carmen... Il lui prend le bras et l'oblige encore à s'arrêter.

Don José

Tu ne m'a pas compris. Carmen... c'est la retraite!
Il faut que moi, je rentre au quartier pour l'appel!
Le bruit de la retraite cesse tout à coup.

Carmen [stupéfaite et] regardant don José qui remet sa giberne et rattache le ceinturon de son sabre

Au quartier!.. pour l'appel!..
[éclatant]

Carmen

Ah! j'étais vraiment trop bête!
Ah! j'étais vraiment trop bête!
Je me mettais en quatre et je faisais des frais,
Oui, je faisais des frais
Pour amuser monsieur! Je chantais! je dansais!
Je crois, Dieu me pardonne,
Qu'un peu plus, je l'aimais!

Ta ra ta ta... c'est le clairon qui sonne!
Ta ra ta ta... Il part... il est parti!

 
Va-t'en donc, canari!

Avec fureur, lui envoyant son shako à la volée

Tiens! prends ton shako, ton sabre, ta giberne,
et va-t'en, mon garçon, va t'en!
Retourne à ta caserne!
……………………………………………

Carmen

Non ! tu ne m'aimes pas!

Don José

Que dis-tu?

Carmen

Non! tu ne m'aimes pas! Non!
Car si tu m'aimais,
là-bas, là-bas tu me suivrais!

……………………………………………

Carmen

là-bas, là-bas tu me suivrais!
tu me suivrais, si tu m'aimais!
Tu n'y dépendrais de personne;
point d'officier à qui tu doives obéir,
et point de retraite qui sonne
pour dire à l'amoureux qu'il est temps de partir!
Le ciel ouvert, la vie errante,
pour pays tout l'univers, et pour loi ta volonté!
Et surtout la chose enivrante:
la liberté! la liberté!


Urs Karpatz

(Saintes Maries Mai 2012)


Ando Drom

Pundela


Jean Ferrat

Les Nomades

 
Ils sont nés près de Barcelone
Ils ont grandi en Australie
Ils se sont aimés à Paris
Mais ils s'en vont encore d'ici
Les Nomades

Ils ont habité la roulotte
Les quatre planches qui cahotent
De Saint-Ouen aux Saintes-Maries
Mais ils s'en vont encore d'ici
Les Nomades

Ni la couronne d'oranger
Ni la cheminée de faux marbre
Ne leur mettent racine au pied
Ils ne sont pas comme les arbres
Les Nomades

Ils vont toujours de ville en plaine
Il n'y a rien qui les retienne
Eux c'est la route qui les mène
En dimanche comme en semaine
Les Nomades

 
Ils ont eu froid comme personne
Ils ont chanté mieux que nous tous
Mais c'est la route qui les pousse
Avec des fifres à leurs trousses
Les Nomades

Qu'ils soient venus du fond des âges
Tous les gitans, tous les tziganes
Un violon leur a brisé l'âme
Ils en gardent parfois des larmes
Les Nomades

Ni la peur de mourir un jour
Dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour
Ne les arrête sur la terre
Les Nomades

Et quand on voit sous les platanes
Passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes
On voudrait suivre la caravane
Des Nomades


Mano Solo

Les Gitans

 
Il fait beau au soleil sur le pont
Je regarde les gitans de l'autre côté du port
Ils sont beaux d'ici je ne vois pas leurs têtes
Ils sont juste beaux d'être
Tous ensemble devant leurs caravanes
A s'agiter autour de leur conversation
Ils doivent parler trés fort
J'en entends des bribes par dessus le bruit des voitures
Leur présence rayonne sur le port
On sent qu'ils existent très fort

C'est pas comme l'autre qui vient avec sa porche
Surveiller son petit voilier
Ni même comme les clodos du pont
Qui eux rayonnent la résignation


 
D'ailleurs ils sont partis
Peut-être bien à cause des gitans
Une petite boule rouge s'active autour du groupe
Elle tient un balai qui fait deux fois sa taille
Elle fait des pas immenses et secs
Et le manche virevolte au dessus de sa tête

Elle paraît chargée d'électricité
D'ici sa robe lui tombant jusqu'aux pieds
M'apparaît comme un cerf-volant
Frétillant dans le soleil de printemps

Je t'avais peints ce tableau avec des mots
Mais j'ai gardé pour moi cette lettre
Cette journée qui m'ouvrait sa fenêtre



Michèle Bernard

Maria szusanna

 
Elle a débarqué dans la classe
Un vrai courant d´air
Drôle de dégaine et drôle de race
Un matin d´hiver

Au beau milieu de la dictée
Sur le ciel et la voix lactée
Elle s´est assise tout près de moi
Derrière le p´tit bureau de bois

La maîtresse a dit : "Elle s´appelle
Maria-Suzanna
Elle sera là jusqu´à Noël,
Puis elle s´en ira"

Alors ça pouvait arriver
Au beau milieu de la dictée
Une môme fagotée comme l´orage
Fille du vent et du voyage ?

Ô Maria-Suzanna où es-tu ?
Dans quelle nuit t´es-tu perdue?
Reste-t-il pour croquer ta vie, Manouche
Quelques dents dans ta bouche ?
Ah, de Varsovie à Saragosse
Roulottes-tu toujours ta bosse ?
Si belle encore mais comme tes semblables
Toujours indésirable

J´ai attendu à la sortie
Pour accompagner
Cette môme qui m´avait pas souri
Même pas parlé

Elle a mis sa main dans la mienne
J´ai suivi la p´tite bohémienne
Le long d´un boulevard tout gris
Aux pauvres arbres rabougris

Trois caravanes sous la neige
Autour d´un grand feu
Comme un immobile manège
Et des hommes entre eux


 
Qui parlent une langue inconnue
Étonnés que je sois venue
Dans la gadoue, chercher du miel
Au pays des Romanichels

Ô Maria-Suzanna où es-tu ?
Dans quelle nuit t´es-tu perdue?
Reste-t-il pour croquer ta vie, Manouche
Quelques dents dans ta bouche ?
Ah, de Varsovie à Saragosse
Roulottes-tu toujours ta bosse ?
Si belle encore mais comme tes semblables
Toujours indésirable

Ses petits frères l´attendaient
Devant la roulotte
Et tous ensemble ils sont entrés
En fermant la porte

Elle a fait adieu de la main
Et j´ai rebroussé mon chemin
Jusqu´à ma maison de ciment
Où d´vait s´inquiéter ma maman

En m´retournant j´ai vu encore
Derrière le rideau
Ses yeux noirs qui brillaient si fort
Qui tenaient si chaud

A l´école, on n´a pas revu
L´enfant née en terre inconnue
L´orage n´a plus éclaté
Au beau milieu de la dictée

Ô Maria-Suzanna où es-tu ?
Est-ce de t´avoir aperçue
A belles dents croquer ta vie, Manouche
Que j´ai eu dans la bouche
Ah, ce désir si fort de partir
Et chanter pour ne pas trahir
L´enfant qui va sa vie, coûte que coûte
Sur l´infini des routes ?